L’EDLS, ou état des lieux de sortie, est le document établi contradictoirement à la remise des clés pour comparer l’état du logement à celui de l’entrée. Il se fait à l’amiable ou avec un commissaire de justice en cas de désaccord, et il ne peut être facturé au locataire que dans ce second cas. Il doit décrire précisément le logement, relever les compteurs et indiquer votre nouvelle adresse. L’usure normale ne peut pas justifier de retenue sur le dépôt de garantie. Celui-ci doit être rendu sous un mois si l’état est conforme à l’entrée, deux mois sinon, déduction faite des sommes justifiées. Chaque mois de retard entamé ajoute 10 % du loyer mensuel. Un état des lieux établi seul par le bailleur ne suffit pas à prouver des dégradations, alors faites noter vos réserves avant de signer.
Infos à retenir
- 📝 La comparaison obligatoire avec l’entrée (EDLE) : le bailleur ne peut facturer que les différences constatées entre les deux documents.
- ⏳ Un délai de restitution de 1 à 2 mois : 1 mois si l’EDLS est totalement conforme à l’entrée, 2 mois maximum en cas de réserves constatées.
- 🛋️ La vétusté normale à la charge exclusive du bailleur : le jaunissement des peintures ou l’usure naturelle des sols après des années ne sont pas facturables.
- ⚖️ La pénalité légale de 10 % par mois de retard : tout mois entamé sans restitution de caution majore la dette du propriétaire de 10 % du loyer hors charges.
Que signifie l’acronyme EDLS et pourquoi ce document a-t-il une force juridique majeure ?
Dans le jargon des professionnels de l’immobilier, des notaires et des juristes de l’habitat, l’EDLS désigne l’État des Lieux de Sortie, en miroir parfait avec l’EDLE (l’État des Lieux d’Entrée) :
Encadré par la loi du 6 juillet 1989 et le décret n° 2016-382, ce document contradictoire dresse l’inventaire minutieux du logement au jour exact où le locataire libère les lieux et restitue les clés. Il atteste de l’exécution des réparations locatives mises à la charge de l’occupant par le décret n° 87-712.
Sa force probante est totale devant les tribunaux : dès lors qu’il est signé par les deux parties, l’EDLS fige la situation. Ni le propriétaire ni le locataire ne peuvent rajouter des mentions ultérieurement. Si le bailleur découvre un carreau fêlé ou une poignée cassée le lendemain matin après le départ du locataire, il ne peut plus légalement lui imputer la réparation si cette réserve ne figurait pas noir sur blanc sur le document signé la veille.

Vétusté normale contre dégradation locative : le tableau pour départager les frais
Le principal point de conflit lors de l’établissement d’un EDLS repose sur la distinction entre le vieillissement naturel du logement et un manque d’entretien manifeste :
| Constat relevé dans la pièce | Qualification juridique | Imputation financière sur la caution |
|---|---|---|
| Traces d’accrochage de tableaux avec chevilles rebouchées proprement | Usage normal du logement selon les droits du locataire (jouissance paisible). | Zéro retenue financière : le locataire a le droit d’accrocher des cadres s’il rebouche les trous à la pâte. |
| Peinture blanche devenue beige ou traces derrière les radiateurs après 5 ans | Vétusté naturelle des revêtements muraux liée au temps qui passe. | À la charge exclusive du propriétaire selon la grille de vétusté légale. |
| Joints en silicone moisis, porte griffée par un chien ou vitre fêlée | 🔴 Dégradation ou défaut d’entretien locatif caractérisé. | Retenue légitime sur le dépôt de garantie sur présentation d’une facture ou d’un devis d’artisan. |
| Mousse et tartre épais bloquant le robinet, moquette brûlée au fer | Négligence manifeste de l’occupant. | Facturation intégrale des réparations avec application éventuelle d’un coefficient de dépréciation. |
Ce tableau rappelle une règle fondamentale : un locataire n’a pas à rendre un appartement flambant neuf comme au premier jour, mais un appartement entretenu ayant subi une usure normale conforme à la durée de son bail.
Le conseil d’une juriste en droit immobilier
« Ne laissez jamais inscrire des adjectifs vagues comme « état moyen » ou « usagé » sur votre état des lieux de sortie si ces mots n’étaient pas sur celui d’entrée. Exigez des descriptions factuelles et précises : « deux micro-rayures de 3 cm sur la plinthe », « léger jaunissement au-dessus de la fenêtre ». Si le propriétaire refuse d’être précis et veut vous imputer des dégâts imaginaires, refusez de signer et faites intervenir un commissaire de justice pour un constat neutre à frais partagés. »
Les 5 réflexes indispensables pour réussir son EDLS et récupérer sa caution
Pour éviter toute retenue injustifiée sur votre chèque de départ, préparez votre visite avec une rigueur méthodique :
- Rebouchez et lessivez les murs la veille : appliquez un enduit de rebouchage blanc sur chaque trou de cheville et épongez les traces de doigts autour des interrupteurs et des poignées de portes avec une éponge magique.
- Détartrez à fond la salle de bains et la cuisine : faites briller les robinetteries au vinaigre blanc chaud, décrassez la grille de la hotte aspirante et retirez le calcaire accumulé sur la faïence de la douche (premier motif de litige en sortie).
- Remplacez les consommables d’usure : changez les ampoules grillées, remplacez le flexible de douche percé et nettoyez les filtres de la VMC.
- Conservez l’électricité active le jour J : ne coupez pas votre contrat d’énergie avant l’état des lieux pour pouvoir tester les plaques de cuisson, les volets roulants électriques et la chaudière sous les yeux du bailleur.
- Relisez scrupuleusement la synthèse avant d’émarger : vérifiez que le nombre de clés rendu correspond exactement au trousseau d’entrée et prenez des photos datées de chaque pièce en présence du propriétaire.
En soignant ces détails visuels, vous désamorcez immédiatement les arguments du propriétaire avant même le début de la visite.

Quels sont les délais légaux de restitution et les sanctions pour retard ?
La loi Alur a fixé des règles de calendrier très strictes pour la restitution du dépôt de garantie par le bailleur :
Si l’état des lieux de sortie est strictement conforme à l’état des lieux d’entrée, le propriétaire dispose d’un délai maximal de un mois à compter de la remise des clés pour vous rendre votre argent. Si des dégradations imputables au locataire sont constatées et justifiées, ce délai est porté à deux mois pour lui laisser le temps de chiffrer les travaux.
Si le bailleur dépasse ce délai sans motif valable, la sanction financière est lourde : l’article 22 de la loi du 6 juillet 1989 prévoit que le dépôt de garantie restant dû est majoré d’une pénalité de 10 % du montant du loyer mensuel hors charges pour chaque mois de retard commencé. Cette majoration automatique incite fortement les bailleurs à solder les comptes rapidement.
Comment contester des retenues abusives sur votre dépôt de garantie ?
Si votre ancien propriétaire vous renvoie un virement tronqué de plusieurs centaines d’euros sans justificatif solide :
Adressez-lui sans délai une mise en demeure en recommandé avec accusé de réception (LRAR). Rappelez-lui qu’une simple retenue forfaitaire ou une estimation sur devis d’artisan gonflé ne suffit pas : il doit produire des factures réelles ou des devis d’entreprises certifiées correspondant strictement aux dégradations mentionnées sur l’EDLS, déduction faite de la vétusté. Si le bailleur refuse de rembourser sous huit jours, saisissez gratuitement la Commission Départementale de Conciliation (CDC) ou un conciliateur de justice rattaché à votre tribunal de proximité : cette médiation rapide règle plus de 70 % des litiges de caution sans aucuns frais d’avocat.
Foire Aux Questions (FAQ)
📸 Les photos prises lors de l’état des lieux ont-elles une valeur juridique ?
Oui, à condition d’être annexées au document officiel au moment de sa signature électronique ou contresignées par les deux parties le jour de la visite ; des photos prises isolément après la remise des clés n’ont aucune valeur probante devant un tribunal.
⚖️ Qui paie les frais si l’on fait appel à un commissaire de justice pour l’EDLS ?
Si le recours à un commissaire de justice (huissier) est imposé suite au refus de l’une des parties de se présenter à l’amiable, le tarif réglementé de l’acte est partagé pour moitié entre le bailleur et le locataire (environ 70 € à 100 € par partie selon la surface).
🧹 Le propriétaire peut-il exiger un forfait ménage si l’appartement est propre ?
Non, c’est totalement illégal : aucune clause de bail ne peut imposer un forfait nettoyage obligatoire à la sortie ; si l’EDLS mentionne un logement « propre » dans son ensemble, aucune somme ne peut être retenue pour faire intervenir une société de nettoyage après votre départ.









